1 employé belge sur 5 trouve son travail dénué de sens: une forte hausse par rapport à il y a trois ans
Plus d'un employé sur cinq (21,4 %) trouve que leur travail manque de sens, une hausse de plus de 60% en l’espace de trois ans. C'est ce qui ressort d'une étude récente menée par l’expert RH Bright Plus, en collaboration avec l'experte en motivation Dr. Hermina Van Coillie et le bureau d’études IVOX.
Ces chiffres sont un signal d’alarme important : selon les experts, la perte de sens est un indicateur important de l'absentéisme et des arrêts de travail de longue durée, ainsi que des départs volontaires.
21,4 % des employés belges trouvent que leur travail manque de sens. Une augmentation préoccupante par rapport aux 13 % enregistrés en 2023.
Ce sentiment de perte de sens atteint un pic parmi la génération Y (les millenials) (28,4 %), les managers (33,7 %) ainsi que les parents (27 %).
Les employés belges s’imposent nettement plus de pression pour travailler dur qu’il y a trois ans (65,9 % par rapport à 59,8 % en 2023).
Les jeunes générations particulièrement en quête de sens
L’étude révèle que le sentiment de perte de sens varie nettement d’un groupe démographique à l’autre. Ce sont principalement les Gen Y (les millennials) et Gen Z (les nouveaux arrivants sur le marché de l'emploi) qui souffrent d'un manque de sens au travail.
Ce sentiment a le plus progressé au sein de la génération Y, par rapport à il y a trois ans. Le pourcentage de travailleurs concernés est passé de 16,3 % en 2023 à 28,4 % en 2026. La génération Z suit de près avec 23,6 % (par rapport à 20,5 % en 2023). À titre de comparaison, ce pourcentage est nettement inférieur chez la génération X (13,6 %) et les baby-boomers (4,6 %).
Pour autant, tout n’est pas négatif pour les générations Y et Z : elles affirment également qu’elles s’amusent au travail (75,7 % pour la génération Y et 68,6 % pour la génération Z) et qu’elles trouvent leur travail intéressant (87,3 % pour la génération Y et 84,2 % pour la génération Z).
La parentalité comme point de bascule
Plus d'un employé sur quatre (27 %) ayant des enfants considère que son travail n’a pas de sens. C'est deux fois plus que leurs collègues sans enfants (13,2 %). Selon l'experte en motivation Dre. Hermina Van Coillie, ces résultats s’expliquent en partie par l'évolution des priorités des parents : « L’arrivée des enfants accélère considérablement la quête de sens. Le temps devient une ressource encore plus précieuse, ce qui pousse à évaluer d'un œil plus critique ce qui compte vraiment. La question "Est-ce que ce travail en vaut la peine ?" prend alors une tout autre dimension. »
Il est également frappant de constater que le manque de sens est plus de deux fois supérieur chez les cadres et managers (33,7 %) que chez les non-managers (15,8 %). Linda Cappelle, CEO de Bright Plus, attribue ce contraste aux grandes attentes placées en eux : « Les managers se retrouvent souvent dans une position écartelée entre l'obligation d'atteindre des objectifs stratégiques et d'encadrer leur équipe au quotidien. En conséquence, ils perdent le sentiment de faire une réelle différence dans leur travail. »
Travailler par culpabilité
Parallèlement à cette perte de sens croissante, l'étude met en lumière une évolution marquante de la motivation des employés. Près de deux tiers (65,9 %) s’imposent une pression constante pour travailler dur, contre 59,8 % en 2023. Cette exigence de performance s'immisce jusque dans leurs périodes de vacances : un employé sur trois (33,6 %) culpabilise lorsqu'il prend des congés, par rapport à 27,6 % en 2023. De plus, près de la moitié des personnes interrogées (48,6 %) admet que la peur de la critique de la part des collègues ou des cadres est un puissant moteur d'action, marquant une nette augmentation par rapport à 2023 (34,1 %).
« La pression et le contrôle peuvent générer des résultats à court terme, mais ils épuisent mentalement les employées », explique le dr. Hermina Van Coillie, l’experte en motivation. « C’est particulièrement la pression que les individus s’exercent sur eux-mêmes, nourrie par la culpabilité ou la peur de l'échec, qui s'avère être l'un des principaux facteurs précurseurs de burn-out et d'absentéisme. »
Linda Cappelle souligne l’importance d'une stratégie de motivation bien ficelée pour lutter contre ce manque de sens : « Mettre en place une politique axée sur la motivation est une évidence pour les employeurs soucieux de fidéliser leurs talents. Nous voyons cependant qu'il est nettement plus bénéfique de miser activement sur la motivation plutôt que sur le contrôle. Les entreprises qui font ce choix sont généralement plus productives et affichent un taux de rétention plus élevé. Il est important de donner la parole aux employés, d’installer un environnement de travail psychologiquement sûr où les doutes peuvent être exprimés librement, et d’encourager le développement personnel. À côté de ça, la valorisation de la contribution individuelle de chacun et la mise en avant de l'impact tangible de leur travail sur l'ensemble de l'organisation restent des éléments capitaux. »
À propos de l'enquête
Enquête en ligne réalisée par le bureau d'études iVOX, en collaboration avec Flourish, pour le compte de Bright Plus entre le 6 et le 22 mai 2026 auprès de 1 227 employés, professions libérales, indépendants et chefs d'entreprise belges qui travaillent au moins à mi-temps au bureau, représentative selon la langue, le sexe, l'âge et le diplôme. La marge d'erreur maximale pour 1 227 répondants s'élève à 2,78 %.
Enquête en ligne réalisée par le bureau d'études iVOX pour le compte de Bright Plus, entre le 16 et le 30 juin 2023, auprès de 1 204 employés belges travaillant au moins à mi-temps dans un bureau. L'échantillon est représentatif en termes de langue, de genre, d'âge et de niveau d'études. La marge d'erreur maximale pour 1 204 Belges est de 2,74 %. L'étude définit les générations comme suit :
Baby-boomers : nés en 1964 ou avant
Génération X : nés entre 1965 et 1980
Génération Y : nés entre 1981 et 1995
Génération Z : nés en 1996 ou après
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