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Près de la moitié des patrons belges veut faire un pas en arrière

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Pas moins d’un employé sur trois (30 %) envisage sérieusement de faire volontairement un pas en arrière dans sa carrière. Du côté des cadres et des managers, ce désir de redescendre d’un échelon frôle même la moitié (46 %). C’est ce que révèle la toute dernière étude sur la motivation au travail menée par le prestataire de services RH Bright Plus, en collaboration avec l'experte Hermina Van Coillie, auprès de plus de 1 000 employés belges. Les moteurs de ce phénomène naissant, qu’on appelle « job bouncing » ? Trop de stress, le besoin d’un meilleur équilibre entre vie pro et vie perso, et une quête de sens. Autre constat notable : ce sont majoritairement les hommes qui se disent prêts à sauter le pas.

L’enquête de Bright Plus et Flourish met en lumière un changement de paradigme : les employés belges boudent de plus en plus la trajectoire linéaire où grimper les échelons est synonyme de réussite. Désormais, deux tiers d’entre eux (66 %) sont d’avis qu’une carrière réussie ne rime pas forcément avec une ascension permanente. Si ce ressenti est présent dans tout le pays, il est encore plus marqué en Flandre (71 %) qu’en Wallonie (58 %).

« Pour une large partie des travailleurs, le "job bouncing" n’est plus synonyme de recul ou d'aveu de faiblesse, mais s'apparente plutôt à un pas de côté stratégique pour s’offrir un peu de répit, » analyse Linda Cappelle, CEO de Bright Plus. « Loin de traduire un manque d’ambition, cela prouve que les employés veulent calquer leur travail sur les différentes phases de leur vie. L'évolution professionnelle ne se résume plus à grimper l'échelle le plus vite possible. C'est devenu un grand mur d’escalade avec plusieurs voies possibles, où faire un mouvement latéral ou redescendre d'une prise est une vraie stratégie pour trouver son équilibre. »

Quand le manager veut redevenir simple collaborateur

Cette envie de redescendre d’un échelon pour un rôle avec moins de responsabilité est plus marquante chez certains profils :

  • Les managers et dirigeants : 46 % d'entre eux y songent, soit deux fois plus que les non-managers (23 %).

  • Les hommes : 38 % envisagent de descendre d’un échelon, contre seulement 23 % des femmes.

  • Les trentenaires et quarantenaires : 37 % d’entre eux aspirent à moins de responsabilités, contre 25 % chez les plus de 45 ans et 30 % chez les moins de 30 ans.

  • Les parents : les employés ayant des enfants à charge sont nettement plus enclins à vouloir lever le pied (34 %) que ceux sans enfants au foyer (26 %).

Travailler par “devoir”, un facteur aggravant

Le désir de faire volontairement un pas de côté est intimement lié à la motivation au travail. Lorsque nous fonctionnons sous pression, qu'elle vienne de nous-mêmes ou de notre entourage, l'envie de battre en retraite est plus importante.

« La recherche récente en psychologie de la motivation décortique très précisément d’où vient notre motivation, » explique Hermina Van Coillie, experte en motivation et fondatrice de Flourish. « D’un côté, il y a la motivation de haute qualité, ce qui implique de faire votre travail parce qu'il vous passionne, qu'il a du sens et qu'il vous stimule. De l'autre, il y a la motivation moins qualitative : vous travaillez uniquement pour cocher les cases des attentes d'autrui ou sous l'effet d'une auto-pression constante. Les données montrent que c'est cette motivation de basse qualité qui pousse les travailleurs à vouloir faire machine arrière. »

Les chiffres de l’étude confirment ce schéma en matière de charge de travail, de stress, de confiance en soi et de quête de sens.

  • Le stress et la pression jouent un rôle important : 60 % des employés belges qui sont trop stressés veulent faire un pas en arrière. C’est le cas de plus de la moitié (54 %) de ceux qui subissent une forte pression externe (objectifs financiers, deadlines strictes, exigences de la hiérarchie), contre à peine 17 % de ceux qui travaillent dans un climat serein. Par ailleurs, 44 % de ceux qui se mettent une grande pression (pression interne) veulent faire un pas en arrière, contre 16 % des profils plus détachés.

  • Le manque de sens : parmi les répondants qui trouvent leur travail dénué de sens, 70 % envisagent de lever le pied. Ce chiffre tombe à 14 % chez ceux qui se sentent utiles.

  • Manque de confiance en soi : près de la moitié (49 %) des employés qui doutent de leurs propres compétences professionnelles envisagent de rétrograder (contre seulement 20 % de ceux qui ont pleinement confiance en leurs capacités).

« Il n’est pas surprenant que le stress et la surcharge de travail soient les principaux déclencheurs du "job bouncing", » nuance Linda Cappelle. « La quête d’un meilleur équilibre de vie et le besoin de temps libre arrivent d’ailleurs en tête des arguments pour justifier ce virage. On remarque que la course vers le sommet nous épuise. On veut être de bons employés, des parents présents, des enfants attentionnés et des amis sur qui l'on peut toujours compter. »

Ce sont surtout les conséquences financières qui retiennent les gens de faire un pas en arrière

Le groupe d'employés qui n'envisage pas de faire un pas en arrière a des raisons claires pour cela. Pour 41 %, ce n'est pas réalisable financièrement. De plus, un sur quatre (27 %) indique que son employeur ne propose pas de parcours de carrière horizontaux alternatifs. Le jugement de l'entourage (5 %) ou des collègues (4 %) ne joue presque aucun rôle dans la réflexion. De même, seule une personne sur dix (11 %) se soucie du statut qui accompagne un emploi.

« Pour beaucoup de personnes, un pas en arrière est un moyen nécessaire pour éviter le surmenage », explique Hermina Van Coillie. « Pourtant, un groupe important reste bloqué parce que les organisations se concentrent sur la voie traditionnelle : monter ou partir. Mais ce n’est pas parce qu’un collaborateur est performant, qu’il doit devenir manager : toutes les carrières ne doivent pas aller vers le haut. Il est plus judicieux de laisser précisément plus de place au "job bouncing", dans lequel les employés peuvent plus facilement faire des pas de côté ou se spécialiser. »

À propos de l'enquête

Enquête en ligne réalisée par le bureau d'études iVOX, en collaboration avec Flourish, pour le compte de Bright Plus entre le 6 et le 22 mai 2026 auprès de 1 227 employés, professions libérales, indépendants et chefs d'entreprise belges qui travaillent au moins à mi-temps au bureau, représentative selon la langue, le sexe, l'âge et le diplôme. La marge d'erreur maximale pour 1 227 répondants s'élève à 2,78 %.

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